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Molvaer,
trompettiste de jazz (enfin, si on veut), après
avoir coulé sa musique dans l’electro-jazz,
propose ici un album un peu différent des précédents
et parfois pas loin d’une sorte de free-rock jazzy,
si l’on veut aussi.
Molvaer
durcit le ton, grosse batterie, guitare plus incisive,
et s’éloigne un peu des ambiances bon chic
bon genre de chez ECM qui ne l’accueille plus depuis
cet album parce que Molvaer voulait mettre un babouin
sur la pochette plutôt que les sempiternels paysages
de là-bas vers le nord où les vents soufflent
sur la frontière et Capri, c'est fini, je ne crois
pas que j'y retournerai un jour...
Bon, Molvaer a toujours ce son de trompette mystérieux,
fiévreux, pas loin du point de rupture. Il est
en quelque sorte un héritier de Miles Davis dont
il ne craint pas de suivre l’exemple qui amenait
ce dernier vers des musiques dites 'actuelles’,
enfin de son époque. Et si Davis lorgnait vers
le funk et la soul, Molvaer part vers le free-rock et
la musique électronique.
Les ambiances restent mystérieuses, la trompette
sombre et organique et la rythmique plus glacée.
Pas de mélodie ou si peu, une atmosphère
et des climats qui se veulent angoissants et planants
aussi dans une oeuvre où Molvaer est accompagné
par des musiciens comme Stian Westerhus (déjà
entendu chez NPM) aux guitares électrique, acoustique
et même baritone et aussi aux claviers peu envahissants,
tant mieux. L’orchestre est complété
par Erland Dahlen aux différentes percussions et
Susanne Sundler aux voix.
Qui aime les climats étranges et quelque peu fascinants
appréciera sûrement cette cuvée 2011
de Molvaer.
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