COURRiER


 

Nils Petter Molvaer
Baboon Moon


 


Molvaer, trompettiste de jazz (enfin, si on veut), après avoir coulé sa musique dans l’electro-jazz, propose ici un album un peu différent des précédents et parfois pas loin d’une sorte de free-rock jazzy, si l’on veut aussi.

Molvaer durcit le ton, grosse batterie, guitare plus incisive, et s’éloigne un peu des ambiances bon chic bon genre de chez ECM qui ne l’accueille plus depuis cet album parce que Molvaer voulait mettre un babouin sur la pochette plutôt que les sempiternels paysages de là-bas vers le nord où les vents soufflent sur la frontière et Capri, c'est fini, je ne crois pas que j'y retournerai un jour...

Bon, Molvaer a toujours ce son de trompette mystérieux, fiévreux, pas loin du point de rupture. Il est en quelque sorte un héritier de Miles Davis dont il ne craint pas de suivre l’exemple qui amenait ce dernier vers des musiques dites 'actuelles’, enfin de son époque. Et si Davis lorgnait vers le funk et la soul, Molvaer part vers le free-rock et la musique électronique.

Les ambiances restent mystérieuses, la trompette sombre et organique et la rythmique plus glacée. Pas de mélodie ou si peu, une atmosphère et des climats qui se veulent angoissants et planants aussi dans une oeuvre où Molvaer est accompagné par des musiciens comme Stian Westerhus (déjà entendu chez NPM) aux guitares électrique, acoustique et même baritone et aussi aux claviers peu envahissants, tant mieux. L’orchestre est complété par Erland Dahlen aux différentes percussions et Susanne Sundler aux voix.

Qui aime les climats étranges et quelque peu fascinants appréciera sûrement cette cuvée 2011 de Molvaer.

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