COURRiER


 
John Myung
C'est le bassiste de Dream Theater
 

 

 

John Myung, un sacré musicien.

Ne reculant devant aucun sacrifice, j'ai rencontré le beau et sémillant John Myung membre éminent d’un groupe qui métalprogue si apprécié par des millions de malentendants et plutôt décrié par une minorité béotienne qui affirme, péremptoire, : « Dieu, que c’est moche ! » Mais, n’est-ce pas un peu précipité que de porter ainsi un tel jugement à la hâte alors qu’on habite à La Baule ? Pour répondre à cette question primordiale, je suis donc allé m’entretenir avec celui qui fut et reste le bassiste du groupe.

John, vous pouvez nous donner quelques nouvelles du groupe ?
Eh bien, James continue d’essayer d’apprendre à chanter.

Il est pugnace.

Je sais pas. En tout cas il s’accroche.

Et les autres ?

Eh bien, John a repris une tartine beurrée ce matin au déjeuner, Jordan a changé de coiffure et Mike est parti.

Expliquez-nous un peu les tenants et les aboutissants de cet événement étonnant.

C'est pas ce qui nous est arrivé de mieux.

Comment ça ?

Vu le bruit qu'il faisait, maintenant on va entendre encore plus Labrie. C'est con. Faudra maintenant trouver un batteur qui fait plus de boucan. Pas fastoche !

John, tout un chacun se questionne sur les vraies raisons qui ont amené la rupture avec Portnoy. D'aucuns affirment même qu'il y aurait eu comme des divergences musicales.

En effet. Mike se posait trop de questions sur les sibyllins desseins artistiques du groupe et voulait même qu'on se lance dans la musique.

Et alors ?

En fait il comprenait que couic à la fulgurance intrinsèque de notre inaltérable créativité. Du coup on a largué vite fait bien fait ce balourd. Puis nous avons décidé de continuer de faire encore avancer le groupe sans lui sur les autoroutes ondoyantes de la réussite artistique constellées d'inquiétants traquenards qui ne sauraient mettre un frein à notre indéfectible enthousiasme.

C'est beau.

Ouais. J'ai croisé Mike l'autre jour à un concert des Black Eyed Peas. Il a voulu me donner un coup de baguette sur la tronche, ce con ! Heureusement que Jordan est venu à mon secours. Quelle ingratitude !

John, récemment est sortie une compil du groupe sous le titre "Greatest Hit (...and 21 Other Pretty Cool Songs)". Ca veut dire quoi ?

Ca veut dire qu'on a eu un hit.

Non, sans déconner ?

Bien sûr. Même que c'est "Pull Me under". Il a été numéro trois aux Iles Kerguelen. Il est vrai que là-bas les disques ont du mal à arriver mais bon, fallait le faire tout de même.

Et les trucs entre parenthèses ?

C'est de l'humour.

Dream Theater a le sens de l'humour ?

Bien sûr et c'est pas parce qu'on est souvent plongés dans les affres de la création qu'on n'est pas capables de temps en temps de souffler un peu et laisser libre cours à l'humour qui - comme disait un grand philosophe, je sais plus lequel, moi peut-être - est le baume sur les plaies de la vie.

Alors si c'est de l'humour, les 21 autres chansons ne sont pas pretty et cool ?

Non, bien sûr.

Et si vous aviez mis "and 21 other ugly boring songs" ?

Ca aurait été plus vrai, pas du tout humoristique et ça n'aurait peut-être pas beaucoup aidé à la vente du disque.

John, il paraît que dans certains pays les condamnés à mort ont le choix entre la pendaison et l'écoute de cette compilation. Eh bien, la majorité préfère la pendaison.

C'est des conneries balancées par des sourdingues qui sont jaloux de notre talent, ne pigent rien à la musique et en plus ne sont même pas musiciens. Personnellement j'aime assez cette compil. C'est le disque que je fais écouter en priorité à ceux qui viennent chez moi. Bon, c'est vrai, depuis quelques temps je reçois plus grand monde.

John, pensez-vous à l’instar de Beethoven qu’écouter de la musique c’est comme devenir d’un coup immortel ?

Possible. En tout cas celle de Dream Theater aurait tendance à avoir l'effet contraire.

Comment ça ?

Eh bien, figurez-vous que l’autre jour j’ai prêté cette compil à un pote suicidaire. Il s’est jeté par la fenêtre du onzième étage dès le troisième titre, la pochette à la main. Imaginez un peu l’état de la pochette ! Heureusement j’en ai d’autres.

John, un mot sur John Petrucci ?

En combien de lettres ?

Trois.
Bof.

Mais en outre ?
Il a le même prénom que moi, c'est un bon point pour lui.

Et Jordan Rudess ?
C'est un gars plein de talent. Il tient à la fois d'Obispo question coiffure et de Enrique Iglesias pour l'inspiration.

John, un mot sur James Labrie ?
J'en ai un de six lettres.

Pas mieux.
Glxrpz.

Mais en outre ?
Quand il ne chante pas, c'est un super camarade, convivial et déconneur aussi. Souvent il sait nous faire marrer avec quelques blagues de son cru. Justement, pas plus tard qu'hier, il nous a raconté celle du gars qui avait trois couilles, vous la connaissez ?

Non. John, maintenant que vous avez tourné la triste page de ce bien douloureux moment du départ de Portnoy qui n’a pas fait vacillé la chimérique destinée du groupe, parlez-nous un peu de vos projets, quel est votre meilleur souvenir ?
Une nuit, il y a une bonne dizaine d'années, j'ai rêvé que j'étais le bassiste des Beatles, même que je chantais !

C'est sûr que c'est un chouette souvenir mais je parlais du groupe.
C'est quand on a eu la bonne idée d'enregistrer "Systematic Chaos".

C'était de l'humour ce titre ?
Pas cette fois-là. On n'a pas que ça à faire, quand même !

John, on dit que l'écoute de Dream Theater ne serait pas sans risques. J'ai même lu dans un magazine médical que ça ferait tomber les cheveux, qu'en est-il exactement ?
Perso, je suis mal placé pour en causer. Faudrait demander à Jordan.

Comment le groupe envisage-t-il l'avenir quelque part dans le futur, juste avant ce moment magique où Dream Theater brillera au Panthéon de la musique entre Tokio Hotel et Linkin Park ?
Nous l'envisageons avec une sérénité non feinte, un nouveau gars à la batterie et un album génial à venir mais c'est un peu tôt pour en causer.

Il y aura des titres qui durent des plombes, des breaks à la pelle, des solos qui prennent la tronche et un gars qui chante aussi bien qu'un plantoir à bulbe, je suppose.
Putain, comment vous savez ça, vous ?

Une intuition, John.
Vous voulez un billet d'entrée pour notre prochain concert ?

Euh, non, merci. C'est pas que je veux pas mais je pars demain à la première heure pour très longtemps aux îles Kerguelen.
Dream Theater a un fan-club là-bas, je vous donne son adresse ?

Non, merci John. Ce serait bien volontiers mais je n'y resterai pas. Dès mon arrivée je dois aller au large dans les mers australes subantarctiques étudier les éléphants de mer. Il paraît que leur chant rappelle un peu celui de Labrie.
Ah bon ?

John, ce sera le mot de la fin.
Quoi ? "John" ?

Non, "Labrie".
C'est un peu nullo comme mot de la fin, je trouve.

Puis j’ai quitté John Myung tout heureux d’avoir pu cotoyer un instant un des cinq fantastiques de ce groupe génial dont on peut affirmer qu'il n'y a rien de meilleur à part peut-être un sandwich aux tripes crues de ragondin assaisonné d'une belle couche de tabasco avec un rien de confiture de lombrics.

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par éRiC
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