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  Hellfest > 19 juin 2010  

 

Vendredi 18 juin 2010, 15h.

Complet-veston, pantalon à pinces coupe classique et soignée monté sur ceinture anglaise (en polyester extensible), je sors du boulot et - par-dessus mes lunettes de soleil indispensables au look - je sollicite du regard une étudiante qui bronze sur un banc de la cour d’honneur tout en lisant "Du côté de chez Swann" de Proust. Normal, nous sommes à Paris. Normal, nous sommes à la Sorbonne.

Samedi 19 juin 2010, 15h.

T-shirt noir, vieux jean qui s’effiloche, pompes crottées, coupe-vent imperméable Carrefour sur le dos, je sors du parking improvisé dans un champ de pommes de terre et, par-dessus les tiges robustes et vigoureuses d’un plan de vigne, je pointe rageusement mon pénis vers les automobilistes métalleux et je pisse contre le vent. Normal, nous sommes à Clisson. Normal, nous sommes au Hellfest !!

Oui, moi aussi j’adore mon intro.




Le Hellfest n'a pas fini de nous surprendre.

Pour cette édition 2010, les organisateurs nous avaient concocté une programmation de ridés. Les organisateurs n’étaient pas ridés (quoique, je l’ignore) mais les groupes l’étaient. Le Hellfest 2010 avait quelque chose de 80’s avec des sexagénaires irascibles comme Alice Cooper ou Motorhead et des quinquagénaires rageurs du côté de Kiss, Saxon, UDO, Y&T, Twisted Sister ou même Slayer. Quand Cooper chante "I'm eighteen", n'oublions pas qu'il avait dix-huit ans en 1966.

Ce que j'aime dans le Hellfest - outre certains groupes - c'est l'ambiance. Je ne suis évidemment pas le seul dans ce cas et gageons même qu'une infinie majorité des festivaliers fait le déplacement avant tout pour l'univers hellfestien. Comprenez bien que le festival métal est un autre monde, et pas seulement parce que des milliers de mecs partagent leurs chiottes et qu’ils ne prennent pas vraiment de douche tout en se vautrant dans la boue avinés comme des bourriques et dorment sous une tente quatre nuits consécutives pendant que les falses se payent une chambre familiale dans un Bed & Breakfast.

Le festival métal est à part, comme s’il s’agissait d’un négatif du monde réel (ou un positif ?). Passée la grille, pourvu du bracelet, vous pénétrez dans un ailleurs ou tout fonctionne à l’envers et ou l’anormal devient la normalité. Ici point de honte et point de pudeur, tout le monde est cool, du gars de cinquante ans au type mal déguisé. Le métalleux, quoi qu'il en soit, est cool par essence. Bourré, parfois, il est vrai, mais toujours cool. Et comme il a également l’air méchant avec son masque à gaz et son faux sang sur la tempe, le métalleux plaît aux femmes. Ne riez pas, il est de notoriété publique que les hommes méchants et cool plaisent, du fait de leur arrogante coollitude de bad boys.

Mais le métalleux est-il réellement méchant ? Non. Est-il réellement cool ? Peut-être. Mais il en a l’air, tout du moins. Du coup il peut fricoter avec la métalleuse de la caste des introverties aux cheveux orange carotte qui, derrière son petit air mutin, admire en secret le bel homme des cavernes auquel elle lance des œillades timides. Ou bien optera-t-il pour les autres, celles qui ont l’air vulgaire et l’air facile, suggestives et troublantes, qui se vautrent dans la poussière en clopant comme des locomotives - ce qu’elles ne feraient jamais en temps normal, parce que s’allonger par terre, ça te fout de la paille sur ton polo - de celles, disais-je, qui se retrouvent sur les épaules charnues d’un gaillard robuste et offrent à Ronnie Atkins une belle paire de seins.

Et ceci, il va sans dire, ne doit pas se voir souvent lors des concerts de Renan Luce. Je n’ai rien contre Renan Luce, comprenez-le bien, et sa coiffure volontairement négligée lui va même à ravir. Mais je n'ignore pas que ses groupies ne sont pas encore formées. De ce fait, pas de nibards au balcon ! Quoi qu’il en soit, quand tu es accompagné par ta mère, le coup des mamelles est plus difficile à placer. Bref, ces filles aux seins nus (ou quasiment car il faisait un peu frisquet), évidemment, ne sont jamais grosses et moches mais toujours girondes et grisantes. Et pour cause, si la fille était grosse, le gars n'arriverait pas à les hisser sur ses épaules. Pas bête le métalleux !

Mais cessons de parler de choses intéressantes (les seins à l’air) pour parler de choses intéressantes (la musique).

Y&T - Pretty Maids - Sadist

Lorsque j'ai pointé mon nez, Y&T terminait son set. Je n'aurai donc qu'une seule chose à dire à leur sujet : on ne prononce pas "igrèquété" mais "ouaïlle end ti". Parce que - sans rire - "igrèquété", ça ne sonne pas très métal.

Ensuite j'ai vu Pretty Maids et j'ai franchement tout oublié de ces mignonnes soubrettes danoises. Une semaine après, j'ai l'impression de n'avoir vu que quatre groupes lors de ma journée de Hellfest. Et 60 euros les quatre groupes... eh bien c'est toujours moins cher qu'un concert normal.

Rendez-vous compte, il est déjà 17h ! Et c'est à ce moment que débute Sadist dans la Rock Hard Tent. Comprenez bien que Sadist, ça déchire. C'est une sorte de death-thrash-jazzy italien avec un gros bonhomme au chant qui se lacère la gorge et un gratteux qui joue de la guitare et des claviers en même temps. Et les mecs envoient la sauce, ce qui est le principe fondamental des deux guitounes du Hellfest. Lorsque tu vas là-dessous, tu sais que c'est pour transsuder le métal spirit. Quoique la RH tent permettait de faire des pauses allongé sur le gazon, ce que nous ne fîmes pas car les mainstages nous attendaient.

Airbourne

C’est avec Airbourne que tout a réellement commencé. La rythmique jusqu’à la voix, jusqu’au solo, jusqu’aux riffs, jusqu’aux choeurs, rappellent un certain groupe australien avec un type à casquette qui braille et un nabot en short qui clopine en jouant de la guitare. Tout le monde s'accorde donc à dire qu'Airbourne fait du AC/DC. En même temps, à l'écoute de "No way but the hard way", il est difficile de les comparer à King Crimson.

Airbourne, c’est donc du AC/DC composé et joué par des mecs qui pourraient être les fils de Malcolm Young. S’ils n’ont pas inventé le hard crasseux, il faut bien avouer qu’ils ont de l’énergie à revendre. Le chanteur et guitariste soliste torse nu, Joel O’Keefe, à la fois Brian Johnson et Angus Young, court de partout, joue depuis le bas de la scène, sur les baffles pour finalement escalader une des structures métalliques d’entre scènes et planter un solo à vingt mètres du sol. Et pourtant, Dieu sait que Joel n'est pas un prénom qui suinte la cool attitude.

Airbourne, finalement, à l’instar de Twisted Sister et bien d’autres, est un peu (voire beaucoup) l’illustration parfaite de leur style musical, qu’il soit rock viril, hard couillu ou métal pêchu. Leur musique est anecdotique, sans grand intérêt ou au mieux agréable et sympathique sur album, mais devient détonnante sur scène. Et au plus le temps passe, au moins j’écoute cette musique que j’apprécie, a contrario, de plus en plus en concert. Vous me direz sans doute que le métal se vit plus qu’il ne s’écoute, ce qui n’étonnera finalement pas grand monde puisque vous avez tous le heavy metal tatoué au coeur, je le sais bien.

D'ailleurs il suffit de faire un petit test pour s'en convaincre. Mettez-vous au centre de la pièce où vous vous trouvez. Lorsque je dirai "I wanna rock", vous sauterez, le poing tendu, et vous crierez "rock". Vous êtes prêts ? Allons-y : I WANNA ROCK !!

C’est pourri, hein ? Et même en vous travestissant et en sautant contre les murs, vous n’y arriverez pas davantage. Pourtant, ce jour là, entouré de 10 000 ou, soyons fou, 15 000 personnes, c’était une autre histoire.

Joel O'Keefe n'a pas fini de nous surprendre.

Nevermore

Mais Airbourne n’était pour nous qu’une mise en bouche puisque nous n’étions là qu’en attendant Nevermore. Bien mal nous en a pris, d’ailleurs, de délaisser les athlètes australiens au bénéfice des fonctionnaires américains.

Pour tout vous dire, je ne suis pas bien sûr que le mec qui jouait de la guitare était le vrai Jeff Loomis. J’ai comme idée qu’il avait été remplacé par un automate qui bougeait vaguement les mains. Seul Warrel Dane a montré qu’il n’était pas une statue de cire, grâce notamment à une toux sèche qui lui faisait cracher ses poumons toutes les trois minutes. Heureusement que pour détourner l’attention du spectateur, il avait revêtu ses plus beaux atours : pompes violettes, vieux falzar, blouson en simili cuir et bonnet. J’ai beau avoir dit que tout fonctionnait à l’envers au Hellfest, il faut avouer que Dane avait mis la barre assez haut.

Bref, Nevermore, c’est carré à mort, c’est propre lorsque ça ne tousse pas, mais c’est un peu chiant. Dane, bien que grabataire, propose une voix infaillible pendant que Loomis calque ses propres solos à la note près. Rien à redire d’un point de vue purement professionnel. Mais si Warrel Dane invitait fréquemment le public à lui offrir le "chaos" (je cite), j’aurais bien aimé en voir de même sur scène. Du coup, nous n’avons eu aucun remord, une fois le tubesque "The heart collector" passé, à déguerpir vers Slash. Après tout, si j’avais pris ma place pour le Hellfest, c’était pour lui.



Warrel Dane n'a pas fini de nous surprendre.

Slash

Hellfest, are you ready for rock and fuckin’ roll ? Please welcome to the stage... SLASH !
Slash, vous savez, c’est le mec avec le chapeau. C’est une fuckin’ icône ! Montrez un crâne avec un haut de forme et on vous répondra immédiatement "Slash". Montrez un squelette obèse et personne ne vous dira jamais "Yngwie Malmsteen", et pourtant !!

Pour avoir gratté avec Guns n' Roses il y a maintenant plus de vingt ans, Slash existe toujours. Ce type a une telle présence et son image a une telle force qu'il ne lui est même plus nécessaire de faire de la musique. De quand date son dernier bon titre ? Dix-neuf ans ? A peu près, oui, et pourtant, on le retrouve à toutes les sauces, sur les albums d'à peu près tout le monde, sur les plateaux de toutes les télévisions, invité par environ tout un chacun. Slash n'est plus un guitariste mais simplement une incarnation. Il est le cool absolu, survivant de la rock attitude en cuir 80's, de ceux qui ont brûlé la vie par les deux bouts en espérant ne jamais être vieux (mais qui le sont), ancien drogué aujourd'hui rangé mais sans se départir de sa clope, de sa Gibson et de ses falzars moulants. A quarante-cinq ans, Slash pourrait se couper les bouclettes et porter un pull... mais il ne le fait pas, comme il ne le fera pas à soixante, ni à quatre-vingt ans (s'il arrive jusque là), comme un Jagger qui continue à se déhancher à soixante-dix berges.

Si Slash existe encore grâce à Guns n’ Roses (gloire à eux), il a aussi une tendance légère à exister encore uniquement grâce à Guns n’ Roses (gloire à eux). Ils ne devaient pas être bien nombreux, ce samedi, vers 19h, à vouloir entendre "Back from Cali" ou tout autre titre annexe et déjà oublié de son dernier album solo ; album dans lequel l’intérêt se situait dans le casting bien plus que dans les compos. Le public voulait Slash, indéniablement, et à chacun de ses solos la clameur montait. Et pourtant, Dieu sait que Slash multiplie parfois les pains, ce qui - je vous l’accorde - ajoute à sa figure christique. Mais ce que le peuple voulait encore plus, ma foi, c’était du Guns n’ Roses ! Je n’avais pas autour de moi des ados avec une coupe de cheveux à la Justin Bieber et un t-shirt du dernier album de Slash. Non, non, j’étais entouré de trentenaires (certains bien tassés) qui arboraient des t-shirt de GNR d’époque, délavés, avec des pétoires, des roses et des têtes de mort. Tous ces mecs là, comme moi, étaient déjà là en 1990 et certains, sous mes yeux, n’en revenaient pas, genre "rêve de gosse". Putain, rendez-vous compte, VINGT ANS qu’on attendait ça ! Moi-même - et je vous le dis quitte à passer pour une gonzesse - ma voix s’étrangla d’émotion sur "Nightrain" et je pus enfin chanter comme Axl Rose.

Il est vrai que j’aurais aimé "Beggars and hangers on" et "Fall to pieces" (qu’il jouera le lendemain au Bataclan) mais en l’état, cinq titres de Guns n’ Roses (dont quatre de "Appetite for destruction", ce qui n’est pas étonnant venant de Slash) et "By the sword" me suffisaient. Mais rien que "Civil war", imaginez, avec un Slash wah-wah surmixé sur les trois solos... J’étais délirant d’enthousiasme en hurlant "my hand are tied".

Concernant le reste du groupe - totalement éclipsé, il va sans dire - beaucoup ont retenu la prestation de Myles Kennedy (le chanteur, hein). Ils ont été élogieux à son sujet et j’en ai même entendus dire qu’il était meilleur que Rose du temps de sa splendeur, avec bandana et moule burnes. Mais moi, Kennedy, je ne l’ai pas bien entendu si ce n’est lorsqu’il montait dans les aiguës. Sans doute étais-je mal placé... ou bien l'ai-je éclipsé en hurlant.



Slash n'a pas fini de nous surprendre.


Candlemass

Après une édition 2009 éreintante, j'avais décidé de la jouer légère. Slash fut donc suivi d'une pause du côté de la Rock Hard tent. Allongés dans l'herbe, nous regardons mollement passer un vieux bonhomme nu et tatoué, seulement vêtu d’une mini-jupe en cuir qui laisse paraître ses meules. Je suis conscient qu'il vous est difficile de vous représenter cet individu mais vous saurez ainsi qu'au Hellfest on a l’occasion de voir les meules de vieux bonhommes tatoués et personne ne trouve rien à y redire. D'ailleurs tout le monde se fait reluquer les miches, au Hellfest, c’est comme ça. Parce qu'un festival métal, avant d’être (éventuellement) parfois un plaisir pour les oreilles, c'est avant tout (éventuellement) un ravissement pour les yeux. Car la faune, voyez-vous, ne manque jamais de rendre grâce aux clichés indémodables et on adore ça.

Si le concert métal Epico-kamelotesque tend à se démocratiser et à rameuter des jeunes propres sur eux avec des falzars repassés le jour même, le festival demeure l’univers du true, avec bracelets à clous, rangers aux pieds (ou la paire de Doc Martens commandée à la redoute pour les plus anciens), la tignasse pas lavée depuis quatre ans, le vieux tatouage Guns n’ Roses première époque et tout un tas de chaînes qui t'alourdissent de dix kilos. En somme, c’est la grande classe, et je ne vous parle même pas des travestis, des déguisés et tout ce qui est parfaitement carnavalesque.

Et pour couronner le tout, lorsque tu t'en es mis quelques uns dans le pif, tu peux lutiner la gueuse en lui titillant le string. Sans déconner. Et qu'importe si tu ne la connais pas, ça la fera marrer. Au Hellfest, se faire tripoter le pétard n'est qu'une franche poilade. Vous qui me lisez, afin que vous saisissiez parfaitement la particularité de cet univers, je vous invite à tenter l’expérience demain matin en sortant du métro à la station Odéon. Il est 8h52, vous êtes un peu en retard, comme d’habitude, et alors que vous vous apprêtez à affronter un connard d’agent de sécurité simplement pour vous rendre sur votre lieu de travail, vous vous ruez sur une passante et hop, vous lui attrapez le string d’une main experte en titubant pour simuler la cuite de l’avant-veille. Ensuite, n’oubliez surtout pas de m’envoyer un mail pour me raconter, lorsque vous serez au poste de police.

Et Candlemass dans tout ça ? Eh bien je ne suis resté que le temps de l'intro. Je ne connais de ce groupe qu’un seul morceau : la marche funèbre de Chopin. Or la marche funèbre de Chopin n’est pas une composition de Candlemass (mais de Chopin). Du coup, dans le doute, nous nous dirigeâmes vers Twisted Sister.

Candlemass, un groupe qui n'a pas fini de nous surprendre.

Twisted Sister

Twisted sister est un groupe antédiluvien dont le chanteur, Dee Snider, est le "Rocky horror picture show" à lui tout seul. Malheureusement pour nous autres Clissonnais, le groupe a joué sans maquillage. Rassurez-vous cependant, Snider portait tout de même sa serpillière sur la tête, ce qui était la moindre des choses pour le premier concert français du groupe depuis twenty-five fuckin' years ; ce qui est très long, vous en conviendrez, d'autant que les fuckin' years durent beaucoup plus longtemps que des years normales.



Dee Snider n'a pas fini de nous surprendre.
(il apparaît ici à droite et à gauche en même temps)


Twisted sister, que je vous explique, fait dans la musique participative festive-taillée-pour-le-live. Descendez dans la rue, harponnez le premier passant venu, faites-lui écouter "We're not gonna take it" une seule fois et il la chantonnera pour les quinze jours à venir, huit cents fois par heure. Forcément, on saute, on chante et on tape dans les mains sans même connaître les chansons. Même quelques mecs biturés à mort titubèrent en rythme à côté de moi. Et en à peine plus d'une heure de ce tambourinage folâtre, on devient forcément un véritable sick motherfucker.

My dying bride

Peu après 22h, nous avons tenté le metal depressivo-neurasthénique de My Dying Bride. Aaron Stainthorpe avait sorti un look avec col de chemise à la Beigbeder mais m’a guère transcendé. Le style musical crépusculaire névrosé qui broie du noir passe mieux sur album lorsqu'on est seul chez soi la corde au cou que sur scène. Je n'ai ici entendu qu'un wooom-wooom en rythmique, trois notes de violon et un chanteur à la voix morne qui se noyait dans le tout et qui nous racontait en substance qu'il était vachement triste et qu'il aurait bien aimé se défenestrer. Du coup, plutôt que de voir un mec qui veut crever, nous avons pensé qu'il était préférable d'en voir un qui crève réellement sur scène, soit Alice Cooper.



Le chanteur de My Dying Bride n'a pas fini de nous surprendre.

Alice Cooper

Relégués en fond de public pour cause de grand attroupement (20 000 personnes pour Alice Cooper ?), nous admirons de loin le final d'Immortal. Si, Immortal, vous savez, ce sont des mecs qui se peignent la figure et qui - pour grrgrrter - ont besoin d'un mur de Marshall... Evidemment, passer d’Immortal à Cooper, en matière de cirque, ce n’est pas si différent. Et si Alice Cooper nous proposera un véritable spectacle de magie, Immortal donne davantage dans le numéro de clowns (avec cracheur de feu). Et entre Immortal et Renan Luce, ma foi, mon coeur balance.

Mais enchaînons. Alice Cooper, sur scène, c'est un spectacle. Tout le monde connaît au moins une chanson du bonhomme, même cette petite sise à mes côtés qui chantonnait timidement "Poison" et dont la poitrine surabondante se soulevait et retombait au rythme de son souffle tumultueux. Si tu ne connais vraiment rien - ce qui serait malheureux car ça fait tout de même quarante ans que Cooper sort des albums - tu pourras toujours regarder le show, écouter sa vieille voix cassée et admirer l'abattage de ses musiciens. Car si ces mecs passent un peu inaperçus étant donnée la popularité de leur leader, ils assurent à mort avec une belle présence et de beaux sons de guitares. Comme d'autres, Alice Cooper est aussi (et surtout) quelqu'un qui sait bien s'entourer de types ultra professionnels qui doivent avoir la moitié de son âge.

Evidemment, Cooper utilise ses accessoires d'horreur kitsch et s'amuse à martyriser les comédiens et à filer des claques à la seule femme sur scène. Inutile d'attendre ici des "you're a fucking wonderful audience !" car il s'agit d'une histoire avec un suivi, sans pause entre les chansons. Je dis qu'il y a un suivi, certes, mais Alice Cooper doit bien mourir quatre fois en une heure et demi. On lui inocule un venomous poison avec une seringue géante, il est pendu, guillotiné et, que sais-je encore, empalé dans une vierge de fer. Je vous avais dit que c'était un spectacle de magie ; parce que le mec guillotiné, ce n'était pas vraiment lui !



Alice Cooper n'a pas fini de nous surprendre.

Avant que Cooper ne joue en rappel un morceau déjà joué (?), nous rejoignîmes nos pénates. En partant nous croisâmes ceux qui s'en aller s’éclater sur la poésie de Carcass dont le set débutait à 1h00. Et finalement, cette pluie que nous avions tous craint n’est pas venue. Tant mieux, je cauchemardais rien qu'à l’idée de voir couler le mascara d’Alice Cooper.
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par Nazca